- Je te préviens, mais ce n’est pas par bonté d’âme ! C’est toujours un calvaire de nettoyer le plancher de la diligence. Ah ! ah ! ah ! Allez, je plaisante ! Donne-moi ton sac ! Il n’y a pas la place dedans ! Regarde ! Je vais ficeler ça sur le toit. C’est fragile ? Ah oui ! Je sais ! C’est toute ta vie à l’intérieur ! Ils disent tous la même chose… Tu sais quoi ! Personne ne s’est jamais plaint de mes talents pour ligoter les bagages. Je suis un artiste dans le domaine. Allez t’inquiète je te dis ! Grimpe !
- Comment ça tu as peur ? Les trois types en face de toi sont doux comme des agneaux ! Ce sont des Indiens des plaines en habit d’apparat. Ils vont à une démonstration de danses tribales au centre culturel d’une bourgade sur la route, après la traversée du désert des tartares.
- Tu sais pourquoi j’appelle ce désert le désert des tartares, plaisanterie mise à part, c’est qu’il y a tellement de serpents à sonnette sur la route que j’en fais du tartare… Ah! ah ! ah ! Tu verrais ta tête… Un bon tartare de serpent, assaisonné avec la marjolaine desséchée que j’attrape au passage sur les rochers. C’est l’accord parfait ! Tu verras, un vrai délice.
- Des attaques de sauvages ? Bien sûr que c’est possible ! Depuis qu’on a interdit la cueillette du peyotl, les brujos sont à moitié fous. Il risque d’y avoir plus d’une volée de flèches. Une véritable grêlée de pointes de flèche taillées dans le verre des bouteilles abandonnées sur la route. Mais t’inquiète, tu es en sécurité dans la diligence ! Tu as vu ma gueule ?
- Ah ! Tu n’avais pas remarqué ! Et oui, j’ai les traits un peu osseux et les orbites creuses et surtout, rien ne m’arrête. Allez embarque, va ! Et souris s’il te plaît ! Quand on prend un billet pour le royaume des morts, on n’a plus rien à craindre.

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